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La démocratie en marche

Cameroon Tribune (Yaoundé)
ACTUALITÉS
9 Août 2007
Publié sur le web le 10 Août 2007

By Waffo Mongo

Le processus électoral déclenché depuis la convocation du corps électoral aux urnes pour le double scrutin du 22 juillet dernier a permis une fois de plus de jauger la maturité de la démocratie camerounaise. Hier soir, la Cour suprême siégeant comme Conseil constitutionnel a prononcé sereinement ses arrêts sur les 103 recours introduits par les candidats aux dernières élections législatives.

Malgré une campagne médiatique à forte tonalité critique quant à l'ampleur supposée ou réelle des irrégularités du double scrutin du 22 juillet dernier. L'annulation des élections dans cinq circonscriptions électorales et le rejet de nombreux recours introduits pour divers manquements, ou encore les débats particulièrement houleux entre les requérants, n'ont pas donné lieu à des scènes de rue. Les Camerounais, sans distinction de couleur politique ont, une fois de plus, fait montre de patriotisme et d'attachement aux institutions républicaines. Comment s'en étonner lorsqu'on sait que depuis plus d'une décennie le débat contradictoire fait partie des habitudes de la classe politique.

A ce sujet, les travaux de la Commission nationale de recensement général des votes ont été empreints de convivialité. Les mandataires des partis politiques en compétition, ceux de l'administration et ceux de l'Observatoire national des élections (Onel) ont su administrer la preuve d'une collaboration pacifique. Il ne s'agit pas ici de saluer quelque unanimisme de façade, ou de verser dans quelque louange tonitruante, loin s'en faut !

Mais comment résister à la tentation de relever le sérieux qui aura caractérisé les travaux de la Commission nationale de recensement général des votes. Il n'échappe à personne que c'est à ce stade que les insuffisances des commissions départementales de supervision ont été corrigées. Les redressements des commissaires n'ont pas donné lieu à des éclats de voix particuliers ou à des démissions en cascade de la part de ceux des mandataires dont les intérêts auraient été sacrifiés à l'autel du seul droit. Les décisions de la Cour suprême, siégeant comme Conseil constitutionnel ont été accueillies par la majorité avec fair-play. Au-dèlà de la déception, ceux des candidats ayant été recalés pour diverses irrégularités se sont inclinés devant la loi.

Même si au passage la politique du bouc émissaire a voulu sacrifier le rôle de l'Onel, on peut relever pour s'en féliciter que le travail de l'Observatoire aura permis en réalité de tirer bien de candidats de l'embarras. Dans un Cameroun qui se veut de plus en plus enraciné à la culture démocratique, nombre d'acteurs impliqués dans le processus électoral savent que les fiches et rapports de l'Onel font foi. Et nul n'a contesté l'arbitrage de l'Onel. Loin de se voiler la face devant les limites qui pourraient accompagner toute oeuvre humaine, les Camerounais peuvent se bomber le torse, et à raison, que l'organisation des élections ne soit pas dans leur pays, la foire aux émeutes avec toutes les menaces qu'une telle situation entraîne sur la paix et la bonne marche des institutions.



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